Ida n’existe pas, d’Adeline Fleury (4/5)

Titre : Ida n’existe pas
Auteur : Adeline Fleury
Éditeur : Éditions François Bourin
Date de publication : 20 août 2020
Nombre de pages : 160 pages

De quoi ça parle ?

Un jour, une jeune femme décide d’emmener Ida, son bébé de quinze mois, au bord de la mer. Mais son but n’est pas de lui montrer les vagues pour la première fois, son but est de la déposer sur la plage pour que la marée l’emporte.
Qu’est-ce qui peut pousser une mère à commettre l’irréparable ? Est-ce son quotidien difficile, le désintérêt de son compagnon ? Est-ce ses traumatismes d’enfance, sa vie dans son Afrique natale dont elle n’a jamais guéri ? Ou est-ce Mami Wata, une divinité africaine qui apparaît lors de ses crises de délire et qui exerce son pouvoir sur elle ? Peut-être un peu des trois…

Ce que j’en ai pensé…

Ce qu’il faut savoir, c’est que cette histoire est tirée de faits réels. Le drame, qui s’est déroulé en France en 2013, a fait coulé beaucoup d’encre, car les motivations de la jeune mère étaient floues, voir délirantes. À son procès, elle a invoqué son mal-être, mais aussi des hallucinations visuelles et auditives, comme si une puissance supérieure l’avait ensorcelée et poussée à commettre ce geste. Une vraie source d’inspiration pour l’autrice, qui cherche non pas à l’excuser, mais à la comprendre…

  • J’ai aimé l’alternance de scènes dans le présent, où l’on assiste à la planification du voyage, et de scènes passées, où l’on découvre l’histoire tortueuse de la jeune femme : métisse aux cheveux blonds, très intelligente, ce qui lui vaut d’être mise à l’écart par sa famille gabonaise. Mais un jour, lors d’une cérémonie traditionnelle réservée aux femmes, leurs moqueries se transforment en violence… Elle tente de se reconstruire après ce traumatisme, mais la naissance de sa fille Ida, qu’elle ne souhaitait pas, va réveiller ses blessures. C’est alors que les bouffées délirantes se multiplient. Mais est-ce que la souffrance est réelle ? Et finalement est-ce qu’Ida existe vraiment ? Le seul moyen de sortir de cette spirale infernale est de se libérer de toute attache, dont Ida. C’est Mami Wata, la déesse africaine des eaux, qui lui souffle que tout doit se finir dans la mer…
  • J’ai aussi apprécié le style d’écriture, acéré. L’autrice n’a pas peur d’entrer dans la peau du personnage en employant des mots tranchants et déstabilisants. Elle parvient à décrire les émotions paradoxales de cette mère qui ressent un amour fou, mais aussi une haine féroce pour sa fille. C’est une écriture crue, viscérale.

Si vous n’avez pas peur de vous frotter au thème de l’infanticide, vous pouvez vous laisser tenter par la plume d’Adeline Fleury. Une histoire dure mais prenante, qui flirte avec la sorcellerie. Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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