La commode aux tiroirs de couleurs, d’Olivia Ruiz (4/5)

Titre : La commode aux tiroirs de couleurs
Auteur : Olivia Ruiz
Éditeur : JC Lattès
Date de publication : 3 juin 2020
Nombre de pages : 208

De quoi ça parle ?

À la mort de Rita, sa grand-mère, la narratrice hérite d’une commode dont les tiroirs sont peints aux couleurs de l’arc-en-ciel. Ce meuble, elle le voit depuis qu’elle est toute petite, mais il était fermé à clé… Quels fantasmes il a généré au fil des ans ! Tous les enfants de la famille se demandaient ce qu’il pouvait bien cacher. Aujourd’hui, elle va enfin en découvrir le contenu… À l’intérieur, elle y trouve plusieurs objets, qui ont tous une signification bien particulière, et une longue lettre de son Abuela, qui lui raconte son histoire : son exil d’une Espagne en pleine guerre civile alors qu’elle est encore toute jeune, le foyer pour immigrés, son intégration à la France, ses chamailleries avec ses sœurs, son premier amour, son mari, ses enfants… Toute sa vie y est consignée. Et en ouvrant cette commode, bien des secrets sont révélés !

Ce que j’en ai pensé…

Pour moi ce premier roman est une vraie réussite. La plume délicate et chantante d’Olivia Ruiz nous embarque ! Je vous explique ce qui m’a plus :

  • Ici, la famille, et en particulier les femmes, sont à l’honneur. Chacune à leur manière, elles se montrent fortes, indépendantes, aventureuses, mais aussi fragiles et vulnérables. Elles sont sœurs, mère/fille, grand-mère/petite-fille, cousines… Et peu importe le lien qui les unit, il y a toujours beaucoup d’amour et de solidarité entre elles. On ne peut qu’être touché devant la complicité de cette famille, malgré les épreuves et le temps qui passe. C’est toute la richesse que possède Rita et qu’elle transmet en héritage.
  • J’ai aimé le côté humain de ce roman. Rita fait de son mieux pour affronter la vie. Comme nous tous, elle connait de grands malheurs et de joies intenses, et c’est ce qui permet de nous sentir proche d’elle. Au fil des pages, on ressent une large palette d’émotions : on s’émeut face aux difficultés qu’elle rencontre, en tant qu’emmigrée, déracinée de son pays, et en temps que femme, qui doit surmonter la perte d’un compagnon et d’un enfant. Les mots sont justes et émouvants.
  • À chaque ligne, l’Espagne se dévoile, comme un personnage. Elle est là dans la chaleur des mots, dans des expressions… Bien que nous assistions à la reconstruction d’une femme qui a dû laisser son pays derrière elle à cause de la dictature de Franco, ses racines sont plus vivaces que jamais. Rita tente de savoir qui elle est, tiraillée entre deux pays, deux cultures. Plus qu’un roman, c’est le témoignage d’une époque sombre, où certains Espagnols ont dû fuir, d’autres sont restés pour défendre leurs libertés. J’ai aimé en apprendre plus sur cet événement que je ne connaissais qu’à travers les livres d’histoire.

    Un bel ouvrage sur l’identité, la multiplicité des cultures, la famille et l’amour. Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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