Miniaturiste, de Jessie Burton (4/5)

Titre : Miniaturiste
Auteur : Jessie Burton
Éditeur : Folio
Date de publication : 2 mars 2017
Nombre de pages : 528

De quoi ça parle ?

En 1686, Nella Oortman est mariée à Johannes Brandt, un homme d’âge mûr, qui est aussi l’un des marchands les plus réputés d’Amsterdam. Pleine d’espoir et de rêves, elle quitte sa famille pour rejoindre sa nouvelle demeure, où sa vie d’épouse l’attend…
Mais dès son arrivée, c’est la déception : son mari, parti en voyage pour affaires, n’est pas là pour l’accueillir ; les domestiques Cornelia et Otto, un esclave affranchi, se montrent peu chaleureux ; et sa belle-sœur Marin, une femme restée célibataire, gère tout dans la maison sans lui prêter attention. Pire encore, on lui attribue une chambre, lui laissant ainsi entendre qu’elle ne partagera pas celle de son mari.
Les jours s’écoulent lentement pour Nella, qui a du mal à trouver sa place… Alors, pour l’occuper, Johannes lui offre en cadeau de mariage une magnifique maison de poupée, représentant leur intérieur. Pour la meubler, la jeune fille fait appel à la seule miniaturiste présente en ville. Bientôt, les premiers colis arrivent… Et les créations de l’artisane sont fascinantes : chaque objet semble avoir une signification particulière, comme un message caché qui révélerait les secrets de la famille Brandt Grâce à eux, Nella va découvrir bien des choses…

Ce que j’en ai pensé…

  • J’ai aimé que ce roman ait été inspiré par une véritable œuvre d’art : la maison de poupée de Petronella Oortman, une aristocrate née en 1656. C’est en visitant le Rijksmuseum d’Amsterdam, où elle est exposée aujourd’hui, que l’auteure a eu l’idée de cette histoire. Je suis allée sur le site du musée, pour avoir plus de détails sur cette maison miniature et elle est superbe ! N’hésitez pas à jeter un coup d’œil vous aussi.
  • Dès les premières pages, on est plongé dans l’atmosphère de l’Amsterdam du XVIIe siècle. L’auteure, n’étant pas originaire de la ville, a fait un travail de recherche pour coller à la réalité. Grâce à ses descriptions, on visualise la place du marché, les maisons construites le long du canal et les bateaux de commerce revenant des quatre coins du monde avec des produits exotiques. Les modes de vie et les mœurs de l’époque sont aussi bien décrits : l’âge d’or des marchands et de la VOC (Compagnie néerlandaise des Indes orientales) qui a fait d’Amsterdam la ville la plus riche d’Europe ; le poids de l’Église, qui impose une morale stricte ; les discriminations que subissent les minorités (personnes de couleurs, homosexuels…). J’ai trouvé que cet arrière-plan historique donnait plus de corps au récit. Toutefois, j’ai lu quelques critiques : certains reprochent justement à l’auteure d’avoir dépeint une Église étroite d’esprit alors, qu’au contraire, le XVIIe siècle aux Pays-Bas a été marqué par une grande tolérance religieuse.
  • Autre fait historique mis en lumière dans ce roman : l’engouement des femmes aisées pour les maisons de poupée. Vu qu’elles ne travaillaient pas, ça occupait leur temps. Elles les meublaient et les décoraient avec objets miniatures fabriqués avec soin, puis elles les présentaient à leurs amies lorsque celles-ci venaient prendre le thé. Les maisons de poupée étaient l’occasion de montrer leur bon goût, mais aussi d’étaler leur richesse, car plus elles avaient les moyens et plus leurs maisons étaient luxueuses (en étain, en argent, en or, en écailles de tortue…). Dans les musées néerlandais, on peut donc voir de nombreuses maisons de poupée, toutes plus belles les unes que les autres. C’était un véritable art !
  • J’ai apprécié que ce livre montre différents visages féminins… Il y a d’abord Nella, qui perd peu à peu sa naïveté d’enfant pour devenir une femme réfléchie. Il y a Marin, qui refuse le mariage pour rester libre et qui gère la vente des marchandises de son frère d’une main de fer. Il y a aussi Cornelia, la domestique, qui ne ménage pas ses efforts pour ses maîtres et leur fait preuve d’une loyauté à toute épreuve. Enfin, il y a la miniaturiste, dont le talent égale ceux des plus grands artistes. Ce sont des femmes fortes et combatives, chacune à leur manière.
  • Concernant le suspense, je trouve qu’il est bien entretenu. Tout au long du livre, il y a une certaine tension, on en toujours envie de tourner la page pour savoir ce qui va se passer ensuite. Le lecteur découvre en même temps que Nella les secrets cachés au sein de son foyer, qui avaient été prédis par les objets envoyés par la miniaturiste. Et l’artisane elle-même est entourée de mystère : a-t-elle un don de divination ou est-elle simplement une bonne observatrice, voir une voyeuse qui s’introduit dans les demeures de ses clients ? Par cet aspect, le livre flirt avec le fantastique.
  • Comme le lecteur est amené à se poser tout un tas de questions, il élabore des théories et fait des suppositions sur le dénouement, et je dois dire qu’une fois le livre fini, il se peut qu’on soit un peu déçu, si ce qu’on avait imaginé était plus romanesque que la véritable fin. Je dois avouer que c’est ce qui s’est passé pour moi : j’avais envisagé une tout autre conclusion et je suis restée un peu sur ma faim. Mais il faudra s’en contenter.

J’ai vraiment passé un bon moment avec ce livre, c’était une jolie découverte. Et si on souhaite retrouver cet univers si envoûtant, une mini-série de deux épisodes a été tournée et elle est plutôt fidèle au livre. Et vous, avez-vous lu cet ouvrage ? Qu’en avez-vous pensé ?

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