Le petit chat est mort, de Xavier de Moulins (3/5)

Titre : Le petit chat est mort
Auteur : Xavier de Moulins
Éditeur : Flammarion
Date de publication : 22 janvier 2020
Nombre de pages : 128

De quoi ça parle ?

Pour les 12 ans d’une de ses filles, Xavier de Moulins sait quel cadeau lui offrir : un petit chat, qu’elle réclame depuis des mois. Lui qui ne veut pourtant pas d’animal à la maison finit par céder. Dans le plus grand secret, il charge sa famille dans la voiture, direction sa campagne natale, où ils vont manger avec la grand-mère, mais pas que… Ils vont aussi chercher le chaton chez une éleveuse. Une belle surprise !
Xavier nous raconte la rencontre avec le petit matou, puis ses premiers jours à la maison, ses exploits de chasseur et ses bêtises. Peu à peu, des liens se tissent et le félin devient un membre de la famille. Xavier en est le premier étonné, il ne s’attendait pas à ce que ce cette boule de poils l’attendrisse autant.
Malheureusement, à peine un an et demi plus tard, le petit chat meurt. Une malformation que personne n’avait détectée a raison de lui. La peine est immense, mais il faut penser aux filles : comment leur annoncer cette triste nouvelle ? Et comment se remettre de son absence ?

Ce que j’en ai pensé…

« Le petit chat est mort. Les mots sont une détonation. (…) cinq mots et un point final. Court, cruel, monstrueux. » Ce roman autobiographique commence fort, avec un incipit qui n’est pas sans rappeler celui de L’Étranger de Camus.

  • C’est avec des mots justes et élégants que l’auteur nous fait part de son chagrin suite à la perte de son compagnon. Mais ce texte va plus loin… Il parle de la mort de manière générale, avec délicatesse. Il y a d’abord le choix des mots : quels termes employer pour annoncer un décès ? Et plus largement, comment parler de la mort ? Comment exprimer sa peine ? Il y a ensuite le travail de deuil : gérer la douleur et le manque au quotidien, se reconstruire. En cela, ce livre est universel, car tout le monde a déjà été confronté à la mort d’un être cher, qu’il soit humain ou animal, ou alors redoute le moment où cela arrivera.
  • J’ai apprécié en savoir plus sur Xavier de Moulins, que je ne connaissais qu’en tant que journaliste sur M6. Dans ce texte, certaines anecdotes sur le chat sont aussi l’occasion de revenir sur son enfance à la campagne et sa vie de famille. On constate alors que, peu importe la notoriété, derrière le costume se cache un homme simple, qui a des émotions. D’ailleurs, il n’hésite pas à se mettre à nu et à expliquer pourquoi il a été si affecté par la mort du chat (ATTENTION SPOILERS) : en l’espace de quelques mois, son entourage a été confronté à plusieurs maladies et décès, et le petit félin a été un rayon de soleil, leur redonnant le sourire. Xavier va même un peu plus loin… Pour lui, le chat a fait l’ultime sacrifice, il est mort à la place d’un de ses proches. Est-ce possible ? En tout cas, c’est l’interprétation poétique qu’il se fait de cette perte, d’après le principe de synchronicité (« l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. ») On comprend donc que non, ce n’était pas « qu’un chat », une phrase souvent entendue.
  • L’auteur, qui travaille dans un milieu plutôt anxiogène, nous partage aussi une philosophie du bien-être, qu’il a appris en observant son animal. Il s’est rendu compte que pour être heureux, il fallait vivre comme un chat : savourer l’instant présent, ne pas être parasité par des pensées concernant le passé ou le futur, se consacrer à ceux qui sont ici et maintenant, avec nous. Pour avoir accès au bonheur, il faudrait être des « hommes-chats » !
  • Un bémol tout de même… Même si j’ai bien aimé le fond du livre, la forme m’a un peu moins plu, mais c’est vraiment personnel. J’ai trouvé le style chargé, avec beaucoup de paraphrases et de métaphores. Par exemple, dans certains passages, le chat est comparé à un soldat, et donc tout le champ lexical de la guerre va être employé pour broder. Certains apprécieront sûrement ce style, trouvant la plume lyrique et percutante, mais pour ma part, je ne suis pas sensible à ces mots et tournures de phrases fleuries. Tous les goûts sont dans la nature !

C’est donc un livre qui se lit facilement, qui met du baume au cœur, qui montre tout l’amour qu’on peut porter à son animal. Ne vous fiez pas à sa petite taille, car il est chargé de sens ! Est-ce qu’il vous tente ? Et si vous l’avez-lu, qu’en avez-vous pensé ?

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