Le service des manuscrits, d’Antoine Laurain (3/5)

Titre : Le Service des manuscrits
Auteur : Antoine Laurain
Éditeur : Flammarion
Date de publication : 8 janvier 2020
Nombre de pages : 224

J’ai entendu du bon comme du mauvais à propos de ce livre. Certains ont adoré, d’autres ont été déçus. Alors j’ai décidé de le lire, pour me faire ma propre opinion. Voici mon avis sur Le service des manuscrits

De quoi ça parle ?

Violaine Lepage dirige d’une main de maître le service des manuscrits d’une maison d’édition parisienne réputée. Tous les jours, son équipe lit attentivement les romans reçus, dans l’espoir de trouver le best-seller de demain.
Un jour, enfin, une pépite est découverte : Fleurs de sucre, écrit par Camille Desencres. C’est l’histoire d’une jeune femme agressée par quatre hommes dans sa jeunesse, qui se vengera en tuant un à un ses assaillants. L’intrigue est palpitante, le style est poignant, il n’en faut pas plus pour que Violaine souhaite publier ce roman.
Malheureusement, après quelques brefs échanges par mail pour signer son contrat, l’auteur disparaît sans laisser de traces. D’ailleurs, est-ce un homme ou une femme ? Qui est Camille Desencres ? Cette question torture l’esprit de l’éditrice, mais aussi des médias, puisque le livre rencontre un succès fou et est sélectionné pour le prix Goncourt.
En plus de devoir gérer cet épineux problème, Violaine va devoir affronter la police, car les meurtres racontés dans Fleurs de sucre semblent se produire dans la réalité. Découvrir qui est cet auteur mystérieux devient une priorité…

Ce que j’en ai pensé…

  • J’ai aimé le regard tout en nuances posé sur l’édition française. Antoine Laurain nous montre les deux versants de ce milieu… Oui c’est un monde qui apporte un peu de magie en faisant connaître aux lecteurs des histoires magnifiques. Oui c’est un monde qui fait rêver. La preuve ? Les milliers de manuscrits envoyés, tels des bouteilles à la mer, par des auteurs espérant être publiés. Mais c’est aussi un monde élitiste, teinté d’arrogance. Ceux qui ont la chance d’être admis dans ce cercle restreint se sentent dotés d’une mission : définir ce qu’est la « bonne littérature ». On le voit à travers le personnage de Violaine, éditrice de renom, qui n’hésite pas à traiter certains auteurs d’insectes, comme s’ils venaient parasiter son univers avec leur « mauvaise littérature ». Même si c’est très caricatural, car tous les éditeurs ne sont pas comme ça, je pense qu’il y a du vrai, notamment chez les très grandes maisons d’édition, qui sont pointues, exigeantes et ne versent pas dans le « populaire ».
  • J’ai apprécié l’intrigue principale, cet auteur qui se volatilise alors que son œuvre est acclamée. On a très vite envie de savoir qui est Camille Desencres et pourquoi il/elle agit ainsi, car quel auteur ne souhaite pas profiter de son succès ? Le suspense monte encore d’un cran quand l’histoire prend une tournure policière. Il y a forcément un secret derrière ces crimes et on a hâte de le découvrir. Jusqu’ici, j’étais très emballée. Malheureusement, à un moment donné, tout bascule… L’intrigue, qui était déjà suffisamment développée, devient indigeste. Antoine Laurain en rajoute sans cesse, noyant le lecteur sous des péripéties toujours plus grandioses : accident d’avion, amnésie, trafic de drogue, intelligence artificielle de la police. Il y a beaucoup trop d’éléments sensationnels. Je trouve que cela gâche le dénouement, qui se rapporte à une histoire de famille, un traumatisme, des sentiments humains.
  • Pour moi, la fin a aussi été gâchée car je n’ai pas réussi à m’attacher à Violaine, le personnage principal, autour de qui toute l’histoire gravite. Peut-être est-ce à cause de son caractère autoritaire et hautain ? Le cliché de la parisienne bourgeoise, peu empathique. Même si on la suit dans son quotidien, on apprend son passé, on la voit se débattre avec ses problèmes, je n’ai ressenti aucune émotion. Et quand on découvre enfin le fin mot de l’histoire, j’aurais dû être touchée, car l’histoire en elle-même est émouvante, mais ça n’a pas été le cas. Dommage.

Je rejoins donc le camp des déçus, même si le livre avait pourtant très bien commencé. Mais ce n’est que mon avis, et je vous conseille de le lire pour vous faire le vôtre. Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :