Disparaître, de Mathieu Menegaux (3/5)

Une couverture de bord de mer tourmenté, il n’en fallait pas plus pour attirer mon attention. Je me suis laissée tenter par Disparaître, de Mathieu Menegaux, publié en janvier aux éditions Grasset. C’était la première fois que je lisais cet auteur, je ne le connaissais pas jusqu’ici. Je vous dis ce que j’ai pensé de son livre…

De quoi ça parle ?

À Paris, en début de soirée, une femme se défenestre du sixième étage. Il s’agit très certainement d’un suicide, l’affaire est classée.
À Nice, tôt le matin, le corps sans vie d’un homme s’échoue sur le rivage. Il est nu, entièrement rasé et le bout de ses doigts sont brûlés. Qui que ce soit, il est désormais impossible de l’identifier. Est-ce qu’on a voulu maquiller un crime ? Est-ce qu’il s’est lui-même jeté à la mer avec la ferme intention de disparaître ? Devant ce cas mystérieux, une enquête s’ouvre. Même si les indices sont rares, le commissaire chargé de l’enquête ne s’arrêtera que lorsqu’il aura trouvé le fin mot de cette histoire.
Quelques semaines séparent ces deux morts. A priori, elles n’ont rien en commun, et pourtant…
Parallèlement, nous suivons la carrière d’Étienne et d’Esther, tous les deux travaillant pour une grande banque internationale. Lui est sommet de la pyramide. Costume et cravate impeccables, il est respecté et admiré par ses employés, qui suivent ses ordres à la lettre. Parmi eux, se trouve Esther. Fraîchement embauchée, elle se voue déjà corps et âme à l’entreprise. Leur rencontre va faire des étincelles…

Ce que j’en ai pensé…

  • Même si le début est un peu long, j’ai fini par me prendre au jeu de l’enquête. Bien sûr, on devine rapidement qui sont les victimes, étant donné qu’il y a peu de personnages dans l’ouvrage, mais il reste des questions à élucider : comment en sont-ils arrivés là ? Et surtout, qu’est-ce qui peut pousser un homme à vouloir s’effacer du monde des vivants ? Cette histoire a attisé ma curiosité car cela me semble inconcevable aujourd’hui. J’ai au contraire l’impression que chacun cherche à laisser une trace, à ne pas être oublié. Je voulais donc aller au bout du livre pour comprendre cette démarche à contre-courant.
  • Si j’ai été embarquée par l’enquête, j’ai moins apprécié les passages où l’on apprend à connaître Étienne et Esther. S’immerger dans l’univers de la finance internationale, où l’argent est roi et où les employés sont exploités jusqu’au burn-out n’a pas été une partie de plaisir, j’ai parfois lu en diagonale. Peut-être est-ce dû au style d’écriture, froid et trop technique ? Tout ce vocabulaire d’entreprise crée une distance avec les personnages, on a du mal à s’y attacher, c’est dommage. Mais je peux comprendre ce choix de la part de l’auteur : les descriptions du quotidien dans la banque permettent de mieux comprendre l’état d’esprit des personnages. C’est cet environnement toxique, oppressant et complètement déshumanisé qui va les conduire l’un vers l’autre, jusqu’à un dénouement fatal. Car oui, il s’agit là d’une histoire passionnelle. Cet homme et cette femme, toujours pressés, à courir d’un dossier à l’autre sans prendre le temps de vivre, ont les nerfs à vif. Même si l’histoire se déroule dans un monde superficiel, cela reste une histoire humaine malgré tout. On referme le livre avec la gorge serrée.

Malgré une pointe de déception, je vous conseille de lire ce roman si vous êtes amateurs d’enquêtes policières, si vous aimez les histoires d’amour terribles, si vous souhaitez découvrir une œuvre de Mathieu Menegaux. Est-ce que vous l’avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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