Mon chien Stupide, de John Fante (3/5)

Mon chien Stupide, de John Fante, est un livre qui date un peu : il a été publié en 1985, soit deux ans après la mort de l’auteur. Pourtant le revoilà sur les tables des librairies. Pourquoi ? Parce que fin 2019, il a été adapté au cinéma par Yvan Attal et, donc, il a aussi fait l’objet d’une réédition. J’étais curieuse de découvrir ce roman, dont on m’avait vanté l’humour et le cynisme.

De quoi ça parle ?

Pour Henry Molise, tout va de travers : son mariage bat de l’aile, ses quatre enfants le poussent à bout, sa carrière d’auteur est en berne et, par dessus le marché, il a la cinquantaine… Et ça, c’est un détail à ne pas négliger ! Il se rend compte qu’il a vécu plus de la moitié de sa vie, sans avoir rien réalisé de notable, et ça lui met le bourdon. Il n’a qu’une envie, faire ses valises et quitter sa famille pour retourner en Italie, d’où il est originaire. Alors, quand un jour, une énorme créature est découverte dans son jardin, cela met un peu de piment dans son quotidien. Est-ce un ours ? Non, ce n’est qu’un chien. Mais un énorme chien ! Immédiatement, Henry souhaite le garder.
Il ne le sait pas encore mais ce compagnon a toutes les tares du monde : pataud, fainéant et surtout, obsédé sexuel. Il se frotte à tous les hommes qui croisent sa route. L’arrivée de ce chien va donner un nouveau tournant à sa vie…

Ce que j’en ai pensé…

  • Au début du livre, j’ai souri pas mal de fois en découvrant cet homme, visiblement au bout du rouleau, et ce chien, qui cède à la moindre pulsion et sort sa « carotte » à tout bout de champ. Ce duo, qu’on croirait mal assorti, développe une belle alchimie au fil des pages. Henry s’attache au chien car il représente tout que qu’il aimerait être : libre, spontané et guidé par son instinct. Certains passages sont vraiment drôles car Henry est cynique et manie l’humour noir comme personne. Et à cause du chien, il se retrouve dans des situations délirantes. On se régale !
  • J’ai aimé le thème principal du livre : le ressenti d’un homme qui traverse la crise de la cinquantaine. Sous couvert d’humour, ce livre nous offre un éclairage sur ce que peut éprouver un homme quand il constate que le temps passe et qu’il vieillit. C’est à cette période qu’il prend conscience de ce qu’il a accompli dans la vie, par rapport à ce qu’il avait imaginer faire… A-t-il des remords, des regrets ? A-t-il des rêves jamais réalisés ? Parfois, il aimerait repartir à zéro, tout recommencer. Il voudrait retrouver sa jeunesse, filer sur les routes dans une voiture de sport, une belle jeune femme à ses côtés… Oui c’est cliché, mais c’est pourtant ce que notre Henry souhaite. Ce livre montre aussi les attentes qui pèsent sur les épaules des hommes : comme pour les femmes, la société leur impose d’être performants (carrière, virilité, paternité) et comment elles sont vécues. J’ai aimé avoir ce point de vue masculin, peut-être parce que je lis beaucoup de livre écrits par des femmes ou avec des héroïnes féminines. Ce monsieur-tout-le-monde, cet anti-héros qui fait face à une grande crise existentielle.
  • Par contre, il y a certains points que je n’ai pas du tout appréciés, par exemple le rôle attribué aux femmes. Il y a peu de personnages féminins dans ce livre et toutes sont des « emmerdeuses » : susceptibles, hystériques, qui piquent des colères à chaque blague. Est-ce que les femmes ont si peu d’humour en réalité ? En plus, elles sont cantonnée à la cuisine et à la séduction, ce qui est assez dégradant. Est-ce le reflet d’une époque ? Ce livre ayant été écrit il y a quelques décennies, avant l’entrée massive des femmes sur le marché du travail. Ou est-ce le reflet d’une culture ? John Fante étant un américain, immigré italien. Loin de moi l’idée de perpétuer des stéréotypes mais la société italienne est quand même réputée pour son machisme. Ou alors je suis passée à côté du message défendu par l’auteur et il cherchait justement à dénoncer cette vision si négative de la femme ? Je ne saurais dire. Mais ce n’est pas tout… Il y a un passage très dérangeant, qui m’a fait me demander si ce livre n’avait pas fait polémique à sa sortie (je ne vous dévoile rien, vous le découvrirez en lisant cet ouvrage), tout ce que je peux dire c’est qu’aujourd’hui, une telle scène ne serait pas du tout acceptée.

Je dois dire que je suis plutôt mitigé sur ce livre… Une partie de moi l’a trouvé drôle et a aimé, l’autre partie a été franchement agacée. Un peu paradoxal comme sentiment. Je vous le recommande quand même, pour que vous ayez l’occasion de vous faire votre propre opinion et pour que vous puissiez ensuite comparer avec le film ! Et si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

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