Là où chantent les écrevisses, de Delia Owens (5/5)

Titre : Là où chantent les écrevisses
Auteur : Delia Owens
Éditeur : Seuil
Date de publication : 2 janvier 2020
Nombre de pages : 480

C’est sur les réseaux sociaux, que j’ai découvert Là où chantent les écrevisses. En suivant l’actualité de blogueuses et de maisons d’édition, j’ai vu passer ce livre plusieurs fois et il m’a beaucoup intrigué. Alors je n’ai pas tardé à me le procurer. Après lecture, je peux vous dire que c’est un véritable coup de cœur ! Je vous en parle tout de suite…

De quoi ça parle ?

Kya et sa famille vivent dans une vieille maison en bois, au milieu d’un marais, en Caroline. Pour les habitants de Barkley Cove, la ville voisine, il n’y a que la racaille qui puisse vivre dans le marais, où grouillent poissons, insectes et oiseaux parmi les plantes visqueuses.
Kya a sept ans lorsqu’elle voit partir sa mère, puis ses frères et sœurs, tous fuyant la violence d’un père, qui finira par partir lui aussi. Quelle vie attend alors cette fillette qui ne peut compter que sur elle-même ? N’allant pas à l’école, elle passe ses journées à étudier la faune et la flore environnante, pêchant pour subsister. Elle n’a plus personne à qui se raccrocher.
Au fil des ans, elle parvient tout de même à nouer quelques amitiés : Tate, un jeune garçon qui va lui apprendre à lire, ainsi que Jumping et Mabel, un couple qui tient un petit magasin au bord de l’eau. Ils lui permettent d’atténuer un peu sa solitude et de supporter les moqueries des gens de la ville, qui l’a surnomment « la fille des marais ».
Elle croise aussi la route de Chase Andrews, sportif talentueux et enfant chéri de la ville… Mais voilà que, quelques années plus tard, Chase est retrouvé mort dans le marais. Les soupçons se tournent immédiatement vers Kya. Cette jeune sauvageonne a tout du coupable idéal…

Ce que j’en ai pensé…

  • Ce livre réussit l’exploit d’être à la fois un récit initiatique, doublé d’une enquête policière haletante… En effet, d’un côté on voit grandir Kya, on découvre son parcours semé d’embûches, on regarde cette petite fille désemparée devenir adulte, avec ses forces et ses faiblesses. Il ne manque rien des événements qui ont marqué sa vie, si bien que le lecteur comprend son cheminement de pensée et l’évolution de sa personnalité. Il y a une sorte de langueur plaisante dans ce roman, l’autrice prend le temps de décrire les situations qui ont façonné Kya et c’est très agréable. Et d’un autre côté, il y a l’intrigue policière. On suit les deux hommes chargés de l’affaire, on se laisse guider par leurs théories, s’appuyant sur les preuves qu’ils découvrent sur les lieux du crime. Est-ce vraiment Kya qui a tué Chase ? Si oui, pourquoi ? Si non, qui d’autre aurait fait le coup ? Personnellement, j’ai trouvé l’enquête bien ficelée. Pendant tout le livre, on s’interroge, on espère, on frissonne avec Kya quand elle est désignée suspecte. Et le suspens est à son comble quand on découvre enfin le meurtrier ! L’autrice maîtrise avec brio les deux trames narratives, qui s’entremêlent habilement.
  • J’ai aussi aimé voir ce que l’isolement et le manque de socialisation ont comme incidence sur la vie d’un individu. L’héroïne se construit en dehors de la société, sans savoir ni lire ni écrire, sans connaître les codes de la vie en groupe. L’autrice nous donne ici sa vision d’une personne sauvage, presque à l’état de nature, et nous montre comment elle peut réussir à vivre, outrepassant le mépris des autres, qui rejettent ce qui est différent. Pourtant, malgré l’omniprésence de la solitude, ce sont bien les relations avec autrui qui forment le cœur du roman. Comme tous les êtres humains, Kya va ressentir toute une palette d’émotions au contact des autres : sentiment d’abandon, tristesse, peur, mais aussi joie, amour et désir… C’est ce qui va faire d’elle ce qu’elle est. Et c’est ce qui va la conduire dans des situations parfois difficiles.
  • Enfin, j’ai aimé ce livre car, étant fan de nature writting, j’ai été plongée dans une atmosphère grouillante de vie, dont j’ai eu du mal à me défaire. Le marais est dépeint d’une façon sublime, tout en subtilité, avec des sons, des couleurs, des odeurs… Il se révèle et s’anime à chaque phrase, sous les yeux du lecteur. Comme Kya, qui apprend peu à peu à connaître la faune et la flore, en collectionnant les plumes et les nids qu’elle trouve, nous découvrons des espèces rares. D’ailleurs, l’autrice est diplômée en zoologie et biologie, ce qui explique sa grande connaissance de la nature et la justesse de ses mots pour la décrire. Elle parle si bien du marais que ce dernier devient un personnage à part entière, il respire, évolue, se transforme au gré des saisons. Il y a là beaucoup de poésie.

J’avoue avoir du mal à trouver des points négatifs à ce livre, qui m’a transporté. Pour moi, il fait partie de ces livres dont on est triste de tourner la dernière page, car on va devoir quitter leur univers enchanteur. Je ne peux que vous le recommander. Et vous qu’en avez-vous pensé ? Et si vous ne l’avez pas lu, avez-vous envie de le découvrir ?

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