Le sixième sommeil, de Bernard Werber (3/5)

Titre : Le sixième sommeil
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Le livre de poche
Date de publication : 1 février 2017
Nombre de pages : 504

Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup les livres de Bernard Werber. J’ai lu la trilogie des fourmis, la pentalogie du ciel (des Thanatonautes au Mystère des dieux) et bien d’autres encore… Cet hiver, j’ai voulu me replonger dans son univers, pour voir comment avait évolué sa plume au fil des ans. J’ai choisi Le sixième sommeil.

De quoi sa parle ?

Jacques Klein naît dans une famille pas comme les autres : son père est navigateur, sa mère neurophysiologique, spécialiste du sommeil. Quand il commence à faire d’affreux cauchemars, ses parents lui enseignent comment affronter ses peurs, mais aussi comment maîtriser ses rêves. Ainsi, dès son plus jeune âge, il apprivoise les 5 stades du sommeil : stade 1, assoupissement ; stade 2, sommeil léger ; stade 3, sommeil lent ; stade 4, sommeil profond ; et stade 5, sommeil paradoxal.
Puis les années passent… Jacques a 28 ans. Il devient lui aussi neurophysiologique, pour aider sa mère dans son grand projet : atteindre le sixième sommeil. Si cette dernière est si investie dans la recherche du stade 6, c’est parce qu’elle pense que c’est la réponse à ses terribles crises de somnambulisme. Mais voilà qu’un jour, elle disparaît sans laisser de traces. Où est-elle ? Est-elle toujours en vie ?
Jacques est bouleversé. Il ne supporte pas l’idée de perdre son deuxième parent, son père étant mort en mer quand il était jeune. C’est alors qu’il rencontre dans son sommeil l’homme qu’il sera dans 20 ans, le Jacques de 48 ans ayant inventé un moyen de voyager dans le temps via les rêves. Celui-ci va le guider pour retrouver sa mère disparue… Le voilà parti à l’autre bout du monde, en Malaisie, pour rencontrer les Senoïs, le « peuple des rêves ». C’est le début de nombreuses aventures et le point de départ vers le sixième sommeil…

Ce que j’en ai pensé…

  • En lisant ce livre, je me doutais que j’allais apprendre un tas d’informations sur le monde des songes, car l’auteur (curieux et érudit, ce n’est un secret pour personne) se sert de ses œuvres pour faire de la vulgarisation scientifique. Pas manqué ! Bernard Werber parvient à faire vivre à ses personnages, et donc à expliquer aux lecteurs, tous les cas possibles et imaginables : nuit sans rêve, cauchemar, somnambulisme, paralysie du sommeil, rêve lucide, insomnie… J’ai trouvé cette palette de situations enrichissante, on voit que l’auteur s’est documenté pour pouvoir traiter le sujet dans son intégralité. Et il ne s’en tient pas qu’à nos connaissances « occidentales », il nous fait découvrir comment d’autres cultures considèrent le sommeil et le rêve. Après, j’avoue que les explications scientifiques, pourtant très claires, s’imbriquent dans la narration avec plus ou moins d’habileté.
  • À chaque fois que je lis Bernard Werber, je me dis qu’il a un réel talent pour penser et structurer son récit. Tout au long du livre, il sème des idées, des concepts, des citations, qui prennent tout leur sens à un moment donné de l’histoire. Et le lecteur ne s’empêcher de faire des liens avec tout ce qui s’est passé précédemment. Aucun élément n’est gratuit, tout a son utilité. Par exemple, le nom de famille Klein, dont il est question régulièrement (comme un running gag), est une des clés du dénouement (je ne vous en dis pas plus).
  • J’ai aimé le rythme soutenu et les nombreuses péripéties. Ce pauvre Jacques n’a pas une minute de repos et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. On voyage de la France à la Malaisie, en faisant un détour par la Noosphère haïtienne. On croise la route de scientifiques, de Senoïs, de pirates et même d’esprits vaudou. Toutefois, je dois dire qu’il y a des disparités dans la temporalité du récit : parfois l’auteur prend le temps de détailler les scènes, les actions s’enchaînent comme si elles étaient vécues par les personnages à l’instant T ; mais parfois les scènes sont accélérées et, en quelques paragraphes, on a un condensé d’actions, qui frise parfois le listing. Cette rapidité concerne surtout les recherches scientifiques du héros et malheureusement, cela va tellement vite qu’on a du mal à croire en sa réussite (car bien sûr, il arrive à réaliser des prouesses, à révolutionner la société grâce à ses découvertes).
  • J’ai aussi aimé retrouver la patte si particulière de l’auteur. Tous les ingrédients de l’univers werberien sont présents : aventure, science et fantastique. Ça peut être un point positif car les fans trouveront leur bonheur, mais cela peut aussi être un point négatif car on pourrait se dire que l’auteur écrit toujours la même chose… En effet, je ne peux m’empêcher de trouver des similitudes avec la pentalogie du ciel (des Thanatonautes au Mystère des dieux), en voici quelques unes :
    — le pitch : c’est l’histoire d’un scientifique qui part à la découverte d’un monde encore inexploré, ici le sixième sommeil, dans Les Thanatonautes, le monde des morts. D’ailleurs, les explorateurs du sommeil sont appelés les « onironautes ».
    — le travail d’équipe : le héros principal est toujours entouré de personnages secondaires qui lui sont complémentaires, c’est-à-dire qui lui apportent les compétences nécessaires à la réalisation de son projet. Werber est un grand défenseur de la mutualisation des savoirs.
    — les références mythologiques : l’auteur semble beaucoup apprécier mythes, notamment ceux de la Grèce antique, car les dieux grecs sont souvent présents. Ici on retrouve bien évidemment Morphée (le dieu des rêves) mais aussi Thanatos (dieu de la mort), déjà rencontrés dans les livres précédents.
    Je pense que revoir ces éléments a pu en agacer plus d’un, mais j’ai préféré les prendre pour des clins d’œil à ses autres ouvrages.

J’ai apprécié ce livre, typique de l’univers de Bernard Werber. C’est un voyage vers un continent inconnu, celui de notre inconscient, qui se révèle pourtant à nous chaque nuit ! Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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