Vers la beauté, de David Foenkinos (3/5)

En mai dernier, alors que je cherchais un livre pour mon club de lecture, je voyais tous les jours dans le métro des affiches présentant Vers la beauté, de David Foenkinos. Je me suis dit pourquoi pas ! En plus, je n’avais jamais lu cet auteur, pourtant connu, c’était donc l’occasion…

De quoi ça parle ?

Du jour au lendemain, Antoine Duris, professeur aux Beaux-Arts de Lyon, décide de quitter son emploi, sa famille, ses amis, sa ville… Sans prévenir qui que ce soit, il part s’installer à Paris, où il devient gardien de salle au musée d’Orsay. Si ses proches sont étonnés et inquiets de ce départ précipité, ils se doutent qu’un événement l’a beaucoup affecté. Est-ce à cause de la rupture avec sa compagne de longue date ? Ou un autre événement dont il n’aurait parlé à personne ?
Pour supporter la douleur qu’il ressent, Antoine se tourne vers la beauté, notamment celle des tableaux de Modigliani sur lesquels il veille chaque jour au musée. D’ailleurs, une toile semble particulièrement l’envoûter : le portrait de Jeanne Hébuterne, la compagne du peintre.
Bientôt, à son nouveau travail, il fait la connaissance de Mathilde Martel. Cette femme, qui partage sa sensibilité, va peu à peu lui permettre de faire la paix avec lui-même.
Derrière son secret se cache un autre destin, celui de Camille, une étudiante qui avait déjà tout d’une grande artiste, mais dont la vie était hantée par un drame…

Ce que j’en ai pensé…

  • Même si au premier abord ce livre parait léger, il aborde en réalité des sujets très lourds (dépression, culpabilité, viol, suicide…). Pour ma part, j’aime quand les auteurs n’ont pas peur de faire vivre des épreuves difficiles à leurs personnages car, malheureusement, elles sont une réalité et il faut en parler. Je pense que l’art, que ce soit la littérature ou autre, a un rôle à jouer : plus les artistes s’exprimeront sur des sujets douloureux et plus les individus oseront parler de ce qui leur arrive, puisqu’il n’y aura plus de honte ou de tabou. Rien que pour cela, ce livre est intéressant.
  • L’auteur souhaite aussi nous faire prendre conscience que bien souvent les gens gardent ce qu’ils pensent pour eux, quitte à se créer de fausses certitudes qui les rongent. La leçon que j’en retire est que, même si c’est difficile, il faut essayer de se confier à quelqu’un, partager sa peine, car cela pourrait alléger les souffrances et éviter les conséquences dramatiques. Ce roman est en un sens un vrai hymne à la parole, car on a affaire à deux personnages qui se sentent coupables sans raison, et le seul qui s’en sort est celui qui a parlé…
  • Un point négatif tout de même : si les personnages vivent des situations atroces et sont submergés par les sentiments, le lecteur, lui, peut avoir du mal à ressentir des émotions. De mon côté, j’ai trouvé le tout un peu plat, et cela à cause de ressorts d’écriture… Au lieu de décrire les réactions physiques éprouvées par Antoine ou Camille, ce qui donnerait plus d’âme au texte, l’auteur s’en tient à des « il est triste », « elle est malheureuse ». Il ne suffit pas de l’énoncer pour que cela génère de l’empathie. Bien sûr, on est touché par l’histoire, mais ce n’est pas suffisant.
  • Autre remarque, je trouve que le lien entre Antoine et Camille est trop superficiel, alors que c’est le point de départ de toute l’histoire. Ils passent peu de temps ensemble, quelques rencontres et quelques échanges seulement. Alors quand, à la fin du livre, on apprend enfin pourquoi Antoine a fuit, cela semble peu crédible malheureusement… Peut-on vraiment tout quitter et s’attribuer la responsabilité de la mort d’autrui, sans savoir ce qui s’est réellement passé ? Je trouve que leur relation n’a pas été assez approfondie pour que le lecteur y croit. Peut-être est-ce dû au fait que le roman est court (230 pages) ? Quelques pages de plus auraient été appréciées.
  • Encore une petite remarque : j’avoue avoir été surprise par l’histoire, ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Quand j’ai acheté le livre, je ne savais pas de quoi il parlait. J’avais juste lu le titre, Vers la beauté, et le texte de quatrième de couverture, et ça semblait vraiment prometteur… Qu’est-ce qu’un professeur cultivé et respecté peut bien fuir et, surtout, pourquoi trouve-t-il refuge au musée d’Orsay ? Comment l’art va-t-il le guérir ? Je pensais y trouver des descriptions de tableaux et voir comment l’art pouvait être rédempteur. Je pensais en savoir plus sur l’art thérapie. Mais finalement, il n’y avait rien de tout cela et j’ai été un peu déçue. L’art ne sert que de toile de fond.
  • En parlant d’art, car le livre n’a pas totalement mis de côté cette thématique, j’ai aimé le parallèle fait entre Camille et Jeanne Hébuterne, dont le portrait peint par Modigliani est exposé au musée d’Orsay. D’ailleurs, ce tableau figure aussi sur la couverture du livre. Antoine, qui est un spécialiste de Modigliani, ne peut s’empêcher de contempler le portrait de cette femme… Pourquoi ? Parce qu’elle a connu la même fin tragique que son ancienne élève. J’ai trouvé que ce parallèle était bien trouvé, mais il aurait mérité d’être approfondi lui aussi.

Que dire de ce livre si ce n’est que je lui trouve à la fois des points positifs et des points négatifs. On passe un agréable, mais court, moment de lecture, donc je vous le recommande. Libre à vous de vous faire votre propre avis. Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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